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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 19:44

Rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire l'introduction à Bangkok, le coup de la sueur etc... Pourtant ce fameux petit déjeuner dont je m'apprête à faire les louanges a été dégusté le premier matin, mais ça c'était l'échauffement, la petite mise en jambe, l'élan.
Évidemment, le deuxième jour, j'étais un radar, je pouvais aller les yeux fermés à cloche pied d'un stand à un autre, une assiette sur le coude, 2 dans la main un verre coincé entre les dents (je gardais quand même une main libre pour ne pas que l'on me bouscule). Bref faire honneur au maître des lieux monsieur Lebua.
Le premier matin, c'est le truc un peu rude, t'es en surchauffe après le trip Toulouse-Bangkok, t'es collant de partout, la tête dans le cul et tu rejoins la famille déjà sur place, fringante, tranquille, bronzée qui vient de se lever.
Vous me direz, je viens de me lever aussi, mais de mon siège d'aéronef. J'ai les mêmes fringues qu'hier à la même heure et je me dis que ce serait malvenu de plonger dans la piscine comme ça, les gens ne comprendraient pas, ignorants mon odeur de renard et le plocploc des chaussettes de contention dans mes baskets.
Et puis mon père est arrivé de la salle de sport, "merci papa", je me suis vraiment senti plus léger grâce à toi, c'est vrai quoi, une petite auréole sous les bras, c'est vraiment que dalle en fait...
On y est, me voilà dans l'arène, accueillante et du genre assez climatisée pour que s'impose à moi cette réflexion: "mais mon vieux, t'es complétement con? pourquoi as tu absolument voulu t'installer dehors, et sur une table à moitié au soleil de surcroît?".
C'est mon côté exalté, foufou du premier jour, ne vous inquiétez pas, le lendemain, au delà d'une maitrise parfaite du "banquet", c'est dans un petit salon privatif à 20°C que se tinrent les agapes matinales.
Revenons à nos moutons. Go! j'ai foncé tête baissée vers l'atelier œuf et m'en suis collé 2 sur le plats. L'assiette en main, je me suis alors dirigé vers le barbecue, et allons-y: Bacon, jambon à l'os, saucisses diverses, un petit tour le long des 10m de viennoiseries et autres juste pour choper un bout de pain et je commençais la remise à niveau des indices glycémiques, lipidiques bref de tout ce qui finit par "ique".
Un gros godet de café et me revoilà parti, un verre de jus d'orange en passant (il ne fallait pas qu'un verre handicape ma quête de boustifaille), et voilà un tas de paniers vapeurs dans le prolongement des jus. Premier soulevé, premier bonheur, des ban bao moelleux à souhait, très bons. Regardons les autres, "celui-là est mignon, celui-ci aussi…" calage en règle, larme qui perle, café, clope, pieds dans la flotte.
Si l'eau n'avait été elle-même à plus de 30°c, ça aurait fumé c'est sûr.
Sieste.

Bangkok. Un p'tit déj de fou à l'hôtel Lebua.

Lendemain matin, 7h30. J'ai faim, c'est plutôt bon signe. Ma paire de running aux pieds, je file à la salle de sport, on ne me reprendra plus à caler au 2ème service c'est moi qui vous le dit.
Pour aller à la salle de torture, il faut passer devant le banquet. La technique consiste donc à regarder le mur et à le longer jusqu'au sas de la prison climatisée. Surtout ne pas oublier de sautiller en remuant la tête , ça fait plus pro.
45 minutes ont passé, je suis dans le même état que mon père la veille mais je sens mon estomac fin prêt!
Cette fois, j'oublie les œufs et ingurgite quelques verres de jus pour faire passer le goût de l'eau absorbée sur mon vélo. Pastèque, bizarre, ananas, nettement mieux, orange verte, grenade, c'est bon je suis prêt.
Cette fois j'attaque léger, 3 baos, il faut dire qu'ils frôlent la perfection, fourrés de vermicelle, de légumes et d'une sauce nappante, ils sont totalement dingues! Puis je pousse plus loin mes investigations.
Un indien m'interpelle, "bien sûr que je vais goûter tous vos bons petits plats". Ils étaient en effet parfaits, la soupe m'a bien déchiré les papilles mais était très bonne. Et puis en matière de "déchirage" j'ai vécu un tel moment de solitude à Chumphon que j'ai relativisé tout le reste.
Chumphon le mercredi matin, 5h30. Je me lève, me bouscule et m'installe tranquilou avec les aminches pour le premier petit déj de 6h.
5 jours en Thaïlande m'avaient déjà donné l'habitude de me taper un petit Pad Thaï ou autre plat typique le matin. Je n'ai pas dérogé à la règle ce fameux matin et mal m'en a pris. Un plat de poisson, logique Chumphon est au bord du golfe de Thaïlande, que je n'ai pas vu venir le bougre. Il m'a littéralement déboité la mâchoire, ma langue rêvant d'une piscine de glaçons, je lui ai infligé un gros gorgeons de café. Deuxième effet Kiss Cool, j'ai cru mourir, 150°C le cawa, juré, craché!
La soupe indienne digérée, je suis passé chez les japonais pour tâter du sashimi de poulpe et de la salade de seiche. Un petit détour en Grèce et sa fêta huile d'olive, houmous et ça commence à faire...

Bangkok. Un p'tit déj de fou à l'hôtel Lebua.

A moitié allongé sur mon fauteuil les mains bien calées sur l'estomac je fais remarquer à mon père la constance de ses breakfast qu'il soit à Paris, Moscou, New York ou Marrakech.
Il me rétorque gentiment que mon exotisme lui donne un peu des relents de bile, surtout les poulpes.
J'acquiesce à moitié, il est 8h du mat.
"Papa, tu m'étonnes quand même, se bouffer 10 croissants à Bangkok, c'est comme se taper une paella au pied de L'Eyjafjallajökull".
Il comprend alors que je n'ai rien goûté de "normal" et à son expression horrifiée je comprends que j'ai peut être fait une erreur. Alors tels un petit garçon, on le reste toujours un peu face à ses parents, c'est le pas traînant et les épaules voutées que je pris la direction des viennoiseries.
En chopant un croissdale je me rappelle rien qu'en main que mon gastronome de père ne se trompe que rarement.
Je le tiens par le bout, l'admire, planté là comme un zombie j'ouvre la bouche et croque allègrement dedans.
A en pleurer, j'ai continué à l'admirer la larme à l’œil avec un sourire béat aux lèvre pendant qu'en arrière plan un Thaï trifouillait dans le four à bois et qu'un autre apportait une fournée toute fraîche de Bagels, cinnamon roll et autres addictions sucrées.
Je n'ai vu qu'en flou arriver un gars tout de blanc vêtu se planter devant moi en souriant.
"it's you the croissant?", "yes it's me, mais ça peut le faire en français aussi".
Bref, toi le boulanger/pâtissier français du Lebua, ça faisait un bail que je n'avais pas mangé un croissant aussi parfait, sache que s'il avait été là lors de mon testing toulousain, il aurait éclaté tous les autres! Bravo (en fait je lui ai dit, vous vous en doutez bien).
J'étais reparti pour un tour, après 3-4 croissants juste histoire de bien m'en souvenir, j'ai aussi rempli mon écuelle de toutes sortes de trucs viennoisiers, tueries sans exception!
Me v'là bien, bon pour une longue sieste digestive avant le départ vers d'autres aventures.
C'est avec le souvenir de Zach Galifianakis en train d'éclater la tête d'une girafe sous un pont dans Very Bad Trip 3 que je me suis rappelé les 3 quéqués sur le roof top de mon hôtel dans l'épisode 2. Et je me suis endormi, plein comme une outre et heureux!

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commentaires

Phil 01/07/2015 12:18

Super article, merci !!!

rod 03/07/2015 21:16

merci à toi!

Vic 25/06/2015 11:24

juste magnifique... je le revis en lisant!

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